vendredi 29 février 2008

Chronologie de l'antitrinitarisme

Michel Servet mourut par le feu parce qu’il était antitrinitaire.
Sébastien Castellion mourut de fatigue traqué qu’il était par ses ennemis de Genève, non pas parce qu’il pensait strictement comme Servet, mais parce qu’il s’était élevé contre le supplice de Servet et qu’il avait écrit contre l’obligation de croire au dogme trinitaire pour être sauvé.

Certaines personnes meurent pour avoir cru, d’autres pour n’avoir pas cru…
Des hommes sont morts au cours des siècles, des chrétiens dans les prisons et arènes romaines aux hérétiques et autres « sorciers » sur les bûchers du moyen-âge, parce qu’ils croyaient en autre chose que leurs contemporains.
Durant le 16ème siècle, siècle de lumière sur la condition de l’homme, on voit naitre un autre cas de figure.
Alors que jusque-là le crime suprême en matière de conscience était de croire en autre chose, le nouveau crime fut de ne pas croire en quelque chose de précis ou de croire mais autrement.

Les antitrinitaires étaient de ceux-là.
Pourtant chrétiens, ils furent considérés comme hérétiques par l’inquisition catholique d’abord puis par ceux que Rome avait combattue sans succès, les protestants se réclamant des trois grands courant, luthériens, calvinistes, zwinglistes.
Ces derniers, bien qu’ayant connu la persécution, prendront des mesures radicales contre l’antitrinitarisme allant jusqu’à réclamer la peine de mort contre ses tenants.
Le procès de Servet fut la plus grande démonstration de la haine que nourrissaient les trinitaires à l’encontre de leurs détracteurs.

Face à la découverte de toute cette intolérance à leur encontre, moi qui également rejette le dogme trinitaire, je me suis livré à quelques recherches historiques pour établir une chronologie qui, sans être exhaustive, soit la plus détaillée que possible de l’antitrinitarisme.

Cette chronologie retrace l’histoire de l’antitrinitarisme sans faire de distinction entre les différents courant de pensés. On trouvera donc parfois des courants strictement biblicistes mais également de tendance libérale ou rationaliste. Il sera nécessaire sous ce rapport de prendre en compte qu’il n’y a aucune relation directe entre la conception non trinitaire des églises Unitariennes et celle d’autres mouvements tels que les Témoins de Jéhovah. Cependant un certain nombre d'entre eux sont liés historiquement comme le démontre le schéma ci-après.

Chronologie

Vers 750 av. J-C - Rédaction du livre biblique d'Isaïe annonçant la venue du Messie. Celui-ci serait appelé ʼÉl gibbôr, c'est à dire "Dieu fort", et ʼAvi-ʽadh, c'est à dire "Père éternel" (cf. 9:6). Mais les traducteurs ne s'accordent pas sur le sens du texte suivant qu'ils sont juifs ou chrétiens. La version grecque des Septante rend par ailleurs le verset 6 de façon totalement différente du texte hébreu massorétique*.

Entre 40 et 65 - Rédaction des livres chrétiens formant le Nouveau Testament (à l’exception des livres johanniques plus tardifs). Le Christ est appelé Fils de Dieu et Seigneur mais n'est jamais placé sur un plan d'égalité avec le Père. L'esprit saint n'est jamais identifié comme étant une personne.

Vers 100 - Rédaction de l'évangile selon Jean affirmant la double nature du Christ, divine et humaine, en réaction aux croyances des judéo-chrétiens et des gnostiques. La traduction du premier verset du prologue de Jean fait cependant toujours l'objet d'une querelle d'école entre les linguistes, à savoir si le Logos est "dieu", "un dieu" ou "(le) Dieu". Quand au verset 18 du prologue il varie suivant les manuscrits. Certains le rendent par "le fils unique (engendré) qui est dans le sein du Père" alors que d'autres le rendent par "le dieu unique (engendré)".

Vers 120 - (Saint) Ignace d'Antioche appel Jésus-Christ "notre Dieu" dans plusieurs de ses lettres mais l’authenticité de certaines est contestée. Dans les autres il le nomme simplement Fils et Seigneur.

Vers 150 - Dans sa première apologie (Saint) Justin écrit à propos du Christ qu'il est également Dieu comme le Père l'est mais plutôt par représentation.

Vers 180 - (Saint) Irénée de Lyon affirme dans son Contre les hérésies la divinité du Christ selon le schéma de l'évangile de Jean, néanmoins sans entrer encore dans des considérations métaphysiques.

(Saint) Théophile d'Antioche dans son A Autolycus est le premier à employer le mot grec trias (traduisible par triade ou trinité) non pour parler du Père, du Fils et du Saint-Esprit mais "de Dieu, de son Verbe et de sa Sagesse".

Vers 200 - Tertullien emploi le mot latin trinitas (en français trinité) et pose le fondement réel de la doctrine trinitaire en écrivant dans son Contre Praxéas que "lui aussi (l'Esprit) est une personne si bien que la divinité est une Trinité". Mais Tertullien demeure "subordinatianiste" (le Fils est inférieur au Père).

Vers 230 - Origène emploi également le mot trinité dans son De Principiis, affirme l'omnipotence du Fils et personnifie le Saint-Esprit le plaçant sur un plan d'égalité avec le Père et le Fils.

318 – A Alexandrie le prêtre Arius prêche un Christ inférieur au Père.
Athanase, secrétaire de l’évêque Alexandre, sera son premier détracteur. Début de la controverse dite « arienne ».
325 – Au Concile de Nicée la controverse tourne au profit des tenants de la divinité totale du Christ (Jésus est déclaré égale à Dieu son père).
Vers 350 - (Saint) Hilaire de Poitiers rédige un ouvrage intitulé De trinitate contre l'arianisme.
381 – Fin de la controverse arienne au concile de Constantinople qui place le Saint-Esprit sur le même plan que Dieu et le Christ. Naissance officielle du dogme trinitaire.
Vers 400 - (Saint) Épiphane de Salamine et (Saint) Jérôme parlent dans leurs écrits de l’existence d'une communauté judéo-chrétienne dont les membres se nomment Nazôréens. Ils niaient probablement la divinité du Christ et, de source sûre, n'adhéraient pas à la trinité nicéenne.
Vers 580 - Le roi Franc Chilpéric Ier, pourtant catholique, embrasse une foi personnelle de type modaliste. Selon les dires de Grégoire de Tours il aurait rédigé un petit traité sur la Trinité (contre la Trinité nicéenne) et réclama que les évêques adhèrent à sa pensée (Histoire des Francs, livre V).
612 - Début de la prédication du prophète Mahomet en Arabie. Il enseignera l'unicité stricte de Dieu contre la filiation divine de Jésus et la Trinité.
644 - Compilation définitive des révélations données à Mahomet sous le Califat de Othman Ibnou Affan. Cette compilation appelée le Coran (littéralement "Récitation") déclare avec force "Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager d'Allah (...). Et ne dites pas "Trois". Cessez! (...) Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant" (4:171).

Bien qu’en certains endroit, notamment en Germanie, il faudra attendre le 9ème siècle pour que le dogme soit universellement reconnu et accepté, la Trinité ne sera plus remise en question ni par les Eglises Catholique et Orthodoxe ni par les premiers réformateurs officiels (tels Luther, Zwingli ou Calvin) mais sera au contraire développée.

1440 – Le pré réformateur tchèque Petr Chelčický écrit Le filet de la foi.

1458 - Petr Chelčický persuade de petits groupes d’anciens hussites de diverses régions de la Tchéquie de partir de chez eux pour le suivre à Kunwald, où ils fondent la communauté religieuse de l’Unité des Frères moraves.
Par la suite, des groupes de vaudois tchèques et allemands les rejoignent.

1464 à 1467 – Développement de l’Unité des Frères. Rédaction des Acta Unitatis Fratrum.

1494 – L’Unité des Frères se scinde en deux groupes le parti majeur et le parti mineur.
C’est le parti mineur qui demeurera antitrinitaire.

1516 – Érasme supprime de son Nouveau Testament grec l’ajout trinitaire apocryphe de 1 Jean 5 :7.

1523 – Érasme émet des réserves à propos du caractère orthodoxe de la doctrine trinitaire dans sa préface pour l'édition du De Trinitate d'Hilaire de Poitiers (Voir Roland Bainton, Michel Servet – hérétique et martyr, chap. 2, page 22 de l'édition Droz 1953).

1524 – Jan Kalenec, dirigeant du parti mineur, est flagellé et torturé au moyen du feu et trois autres membres meurent sur le bûcher.

v. 1525- L’anabaptiste allemand Hans Denck publie un ouvrage dans lequel il remet en question l'enseignement « orthodoxe » de la Trinité.

1527 – L’anabaptiste allemand Martin Cellarius publie Sur les travaux de Dieu dans lequel il enseigne que Jésus était Dieu seulement dans le sens qu’il était rempli de l’esprit de Dieu.
Le chef des églises anabaptistes de Suisse Michael Sattler est brulé publiquement à Rottenburg am Neckar après avoir eu la langue coupée et avoir été partiellement écorché pour avoir remis en question le dogme trinitaire.

1528 – Le prédicateur anabaptiste allemand Jacop Kautz, défenseur des idées de Denck, est emprisonné à Strasbourg puis banni.

1530 - L’anabaptiste Conradin Bassen est décapité et exposé publiquement à Bâle pour avoir nié la déité du Christ.

1531 – L'étudiant et futur médecin espagnol Michel Servet écrit, vers l’âge de 20 ans, De Trinitatis erroribus dans lequel il pose le fondement réel de ce qui deviendra l’antitrinitarisme.
L’anabaptiste allemand Johannes Campanus publie En opposition au monde entier depuis les apôtres dans lequel il enseigne que seuls sont divins le Père et le Fils et que le Saint-Esprit n'est pas une personne mais représente la puissance divine.

1532 – Michel Servet écrit Dialogorum de Trinitate.

1533 – Arrestation de Johannes Campanus. Il passe 26 ans dans les prisons de Clèves.

1539 – Hélène Weigel, 80 ans, monte sur le bûcher à Cracovie pour avoir cru en l’unité de Dieu, après avoir passée dix ans dans une geôle où elle avait été jetée à la suite de la dénonciation de l'évêque.

1544 – L'anabaptiste néerlandais (flamand) David Joris publie Het wonderboeck dans lequel il enseigne que la Trinité tend à obscurcir notre connaissance de Dieu.

1550 – Synode anabaptiste de Venise pour définir la vrai nature du Christ auquel assistent des antitrinitaires.
Le premier article doctrinal déclare que le Christ n'est pas Dieu mais homme doté de puissances divines.
Mort des derniers Frères moraves.

1553 – Michel Servet écrit la Christianismi Restitutio dans lequel il réitère son rejet de la Trinité.
La même année il est arrêté et incarcéré une première fois à Lyon par l’inquisition Catholique puis une seconde fois à Genève par les Calvinistes où il sera jugé et condamné à être brulé vif.

1554 – L'anabaptiste italien Camillo Renato envoi à Calvin une poésie latine de protestation au brûlage de Servet.
Son système de pensée proche de celui des Sociniens influence son entourage dont un cercle, composé notamment de Biandrata, propage des idées antitrinitaires.
Le réformé italien Matteo Gribaldi, visiteur occasionnel de l'église italienne de Genève, exprime clairement ses opinions défavorables à la Trinité.

1556 – Mort à Bâle de David Joris connu sous le pseudonyme de Jan van Brugge.
Trois ans après que sa véritable identité ai été révélée, ses restes et ses ouvrages sont brulés après un procès posthume pour hérésie.

1558 – A Genève Calvin rédige pour l'église italienne une profession de foi très stricte opposée aux idées de ses membres antitrinitaires.

1563 – Le théologien réformé Sébastien Castellion écrit De l’art de douter et de croire, d’ignorer et de savoir dans lequel il oppose le symbole d’Athanase à la raison et à la Bible et conclu en disant que croire en la Trinité n’est en rien nécessaire au salut.

1565-1658 – Organisation de la Petite Eglise Polonaise, communauté réformé antitrinitaire, à la diète de Piotrkow.

1566 – Le hongrois Ferencz Dávid, ancien catholique, évêque luthérien puis surintendant calviniste devient antitrinitaire sous l’influence de Georges Biandrata et embrasse les idées de Michel Servet.

1567 – Ferencz Dávid et Georges Biandrata font publier un recueil de textes antitrinitaires.

1571 – Edit de tolérance du prince hongrois Jean Sigismond de Transylvanie et création de la première Eglise unitarienne de Transylvanie par Ferencz Dávid. Cette Eglise existe toujours.

1579 – Les Italiens Lelio et Fausto Socini (Sozzini) rejoignent la Petite Eglise polonaise. Ferencz Dávid décède en prison.

1594 – Fausto Socini publie, après un travail de vingt années, Jésus-Christ Sauveur qui inspirera le catéchisme de Rakow.

1605 – Catéchisme (antitrinitaire) de Rakow (par les Frères polonais).

1611 – Jan Tyskiewicz est brûlé sur le bûché à Varsovie.

1616 – Début de la persécution des sociniens. Certains sont expulsés d’Altdorf.

1647 – Le théologien anglais antitrinitaire John Biddle publie les XII Arguments.

1648 – John Biddle publie sa confession de foi.

1651 – A peine publié à Londres on ordonne de brûler le catéchisme de Rakow.

1654 – John Biddle publie son catéchisme (antitrinitaire).

1655 – Bannissement de John Biddle. Il part en Islande.

1693 – En Angleterre, la Chambre des Lords fait brûler un pamphlet contre la trinité et, l’année suivante, poursuit en justice son auteur ainsi que l’imprimeur.

1697 – Thomas Aikenhead, étudiant de dix-huit ans accusé de nier la trinité, est pendu à Édimbourg.

1702 - Thomas Emlyn, prédicateur presbytérien anglais, publie An humble inquiry into the Scripture account of Jesus-Christ, son premier ouvrage à caractère unitarien. Emlyn rédigera pas moins de 14 textes et ouvrages défendant l'unité de Dieu et le socinianisme.

1711 – William Whiston, traducteur des œuvres de Josèphe et ami d’Isaac Newton, perd sa chaire à Cambridge pour son rejet de la Trinité.

1712 – Le théologien anglais et ami d’Isaac Newton, Samuel Clarke, publie un traité de la Trinité et provoque quelques foudres.

1754 – Parution, vingt sept ans après sa mort, du livre d’Isaac Newton An Historical Account of Two Notable Corruptions of Scripture où l’auteur oppose le grec du Nouveau Testament à la doctrine trinitaire.

1759 – Parution en Angleterre du livre Union de l’universaliste James Relly.

1768 - Le théologien et scientifique Suédois Emanuel Swedenborg est accusé de socinianisme dans son pays bien que son système soit plutôt de type modaliste.

1779 – John Murray, disciple de James Relly, occupe la chair de l’Independent Christian Church of Gloucester (Massachusetts), première Eglise universaliste organisée aux Etats-Unis.
L’universalisme n’est pas antitrinitaire mais s'associera à l'unitarisme au 20ème siècle.

1782 – Le chimiste et théologien anglais Joseph Priestley publie Une histoire des corruptions du christianisme.
L’ouvrage sera officiellement brûlé en 1785 à cause de son caractère unitarien.

1794 – Joseph Priestley émigre aux Etats-Unis.

1796 – Formation, aux Etats-Unis, de la première Eglise unitarienne à Philadelphie par Joseph Priestley.

1805 – L’unitarien américain John Sherman publie One God in One Person Only.

1811 – Extinction du socinianisme proprement dit en Prusse.

1815 – Parution de American Unitarism.

1821 – Rencontre des antitrinitaires anglais et des unitariens de Transylvanie.

1824 – L’ancien pasteur baptiste Henry Grew rédige une réfutation de la Trinité intitulée An Examination of the Divine Testimony Concerning the Character of the Son of God.

1825 – Formation des associations unitariennes en Amérique et en Angleterre.
1827 - Le prédicateur Elias Hicks fonde une branche dissidente libérale au sein du mouvement Quaker. Ils professeront une doctrine unitarienne proche du socinianisme.
1830 – Organisation officiel de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (ou église mormone).
Joseph Smith, premier président et prophète de l’église, enseignera suite à sa vision de 1820 que le Père et le Fils sont deux êtres de chair distincts l’un de l’autre et suite à une révélation, que le Saint Esprit est une personne spirituelle.
Cette église est à considérer par conséquent comme antitrinitaire.

1831 – Le pasteur genèvois Jean-Jacques-Caton Chenevière publie un essai de 239 pages intitulé Du système théologique de la Trinité dans lequel il démontre que celle-ci est contraire à l'opinion générale de l'Église primitive, que ce système se forma graduellement, qu'il ne fut achevé qu'en 381 et qu'il est contraire à la raison ainsi qu'à l'Écriture sainte.


1844 – Début de la collaboration entre Henry Grew et l’ancien pasteur méthodiste George Storss.

1850 – L'américain John Thomas, proche de la réforme radicale et de l'adventisme, publie Elpis Israel: an exposition of the Kingdom of God with reference to the time of the end and the age to come dans lequel il développe son interprétation des principales doctrines de la Bible et notamment son rejet de la Trinité.

1853 – Alexander Hislop, pasteur de la East Free Church of Arbroath (Écosse) publie un livre intitulé Les deux Babylone dans lequel il révèle, sans toutefois la condamner, les véritables origines de la croyance trinitaire.

1857 – Henry Grew rédige Un appel aux pieux trinitaires. En Autriche on tente de faire cesser l’unitarisme.

1858 - Gilbert Cranmer fonde l'Eglise de Dieu (Septième jour), mouvement non trinitaire. Cette église n'est pas l'Eglise Adventiste du 7ème jour qui sera fondée deux ans plus tard.

v.1860 à 1879 – George Storrs publie le magazine The Bible Examiner dans lequel sera régulièrement exposé le caractère non fondé du dogme trinitaire.
1860 - Fondation de l'Eglise adventiste du 7ème jour à Washington. Cette église sera officiellement antitrinitaire jusqu'en 1931, date à laquelle la foi trinitaire sera réintroduite. Il existe cependant aujourd'hui au sein de l'adventiste sabbatique de nombreux unitariens.
1865 – Réunion par John Thomas de divers groupes associés à lui, les Croyants, les Croyants Baptisés, l’Association Royale des Croyants, les Croyants Baptisés du Royaume de Dieu, les Antipas, sous le seul nom de Christadelphes.

1870 – Création du groupe des Etudiants de la Bible d’Allegheny sous l’impulsion de Charles Taze Russell, qui deviendra plus tard l’Association internationale des étudiants de la Bible. Dès l’origine le groupe adopte les conceptions antitrinitaires de Henry Grew et d’Isaac Newton.

1873 – Le centre de l’Eglise unitarienne se déplace à Budapest (Hongrie) pour s’organiser.

1875 – Mary Baker Eddy écrit Science et santé avec la clef des Ecritures dans lequel elle compare la trinité chrétienne à un trithéisme et rejette le dogme.

1879 – Première parution du magazine chrétien antitrinitaire Zion’s Watch Tower (aujourd’hui The Watchtower) par Charles Russell. Le tirage n’a jamais été interrompu jusqu’à ce jour et atteint 26 millions d’exemplaires par an.
Fondation de l’Eglise du Christ, Scientiste à Boston par Mary Baker Eddy. Cette église est officiellement antitrinitaire.

1914 - Fondation de l'Iglesia ni Cristo (Eglise du Christ) aux Philippines par Felix Y. Manalo. Cette église rejette la Trinité et revendique environ 1 million de fidèles principalement dans son pays d'origine.

1916 – Décès de Charles Taze Russell premier président de l’Association internationale des étudiants de la Bible et de la Watchtower Society.
La même année, le Suisse Alexandre Freytag, responsable de filiale, quitte les étudiants de la Bible et fonde l’association connue aujourd’hui sous le nom des Amis de l’Homme, mouvement demeuré antitrinitaire.

1918 – Un groupe de dissidents se sépare de l’Association internationale des étudiants de la Bible représentée par Joseph Rutherford (second président).
A partir de cette date une multitude de petits groupes d'Étudiants de la Bible se formeront. Tous conserveront leurs vues non trinitaires.

1922 – Ayant quitté l’Association internationale des étudiants de la Bible, Paul Johnson, ancien pasteur luthérien d’origine juive et orateur itinérant pour l’association, créé le Mouvement missionnaire intérieur laïque, mouvement demeuré antitrinitaire.

1925 – L’historien unitarien Earl Morse Wilbur président de la Pacific Unitarian School for the Ministry (aujourd’hui Starr King School for the Ministry) publie Our Unitarian Heritage.

1931 – Les Etudiants de la Bible rattachés à la Watchtower Society prennent officiellement le nom de Témoins de Jéhovah pour établir une distinction entre eux et les autres Etudiants de la Bible restés attachés uniquement aux travaux de Charles Russell.
L'Eglise adventiste du 7ème jour renoue officiellement avec le dogme trinitaire alors que ses fondateurs l'avaient rejetés à la fondation de l'église en 1860. Il existe cependant aujourd'hui au sein de l'adventiste sabbatique de nombreux unitariens.
1931 - Herbert W. Armstrong anime la Radio Church of God (qui deviendra l'Église universelle de Dieu en 1968) diffusant des enseignements sabbatistes et anti-trinitaires pour le compte de l'Eglise de Dieu (Septième jour).
1932 – Earl Morse Wilbur traduit les deux premiers traités de Michel Servet en anglais.
1933 - La Radio Church of God commence à prendre ses distances pour des raisons d'ordre doctrinal avec l'Église de Dieu  (Septième Jour) mais celle-ci ne ne lui retirera son ministère dans l'église qu'en 1938.
1934 - Armstrong commence à éditer la revue 'La Pure Vérité'.
1938 - l'Église de Dieu (Septième Jour) retire le ministère à Armstrong.

1945 – Earl Morse Wilbur publie History of Unitarianism: Socinianism and its Antecedents.
1946 - La Radio Church of God devient indépendante et prend le statut officielle d'église.
1948 – L'Eglise Réformé de France souscrit une réserve au principe trinitaire lors de son adhésion au Conseil œcuménique des Eglises.
1952 – Earl Morse Wilbur publie History of Unitarianism: in Transylvania, England, and America.
1955 - Des mouvements internes se forment dans la Radio Church of God . Certains semblent vouloir revenir à la doctrine trinitaire.
1961 – Fusion de l’Association unitarienne américaine avec l’Eglise universaliste et formation de l’Association unitarienne-universaliste.
L’UUisme ne se déclare plus strictement chrétien ni antitrinitaire mais des associations chrétiennes unitariennes (donc antitrinitaires) existent toujours.
1968 - La Radio Church of God devient l'Église universelle de Dieu. Dès les années 70 des groupes dissidents font leurs apparitions suite à des modifications de doctrines dans l'église (Église de Dieu, Église restaurée de Dieu, Église de Dieu sabbatiste, etc.).
1986 - Mort de Herbert W. Armstrong. De nouveaux groupes dissidents apparaissent (l'Église globale de Dieu, l' Église vivante de Dieu, l' Église unie de Dieu, l' Église restaurée de Dieu, etc.)
1989 – Les Témoins de Jéhovah publient une brochure internationale intitulée Doit-on croire à la Trinité ? (Jésus Christ est-il le Dieu Tout-puissant ?)
1994 - l'Église universelle de Dieu, pourtant anti-trinitaire depuis son origine, devient officiellement trinitaire et rejoint l'association nationale évangélique.
Naissance des Eglises Chrétiennes de Dieu, église sabbatiste et anti-trinitaire dissidente de l'Église universelle de Dieu.
1999 – Le professeur de sciences politiques Richard E. Rubenstein publie When Jesus Became God dans lequel il retrace tout l’historique de la controverse arienne.


Schéma






Branche libérale - Origine commune - Branche bibliciste

Arius

Petr Chelčický
Unité des Frères moraves


Erasme


Michel Servet


Sébastien Castellion


Petite Eglise Polonaise
Lelio et Fausto Socini

Ferencz David
Eglise Unitarienne de Transylvanie

John Biddle

Isaac Newton




James Relly - universalisme

John Murray
Première Eglise universaliste
organisée (Etats-Unis)

Joseph Priestley
Première église unitarienne
à Londres puis à
Philadelphie (Etats-Unis)



Henry Grew

George Storrs

Charles Taze Russell
Etudiants de la Bible d’Allegheny

Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque


(et autres Etudiants de la Bible « russellistes »)



Amis de l’Homme


Témoins de Jéhovah



Earl Morse Wilbur

Unitarisme-Universalisme


*Voir mon article "Isaïe 9:6 - Qui est quoi ? " ici : http://alephetomega.blogspot.com/2011/04/isaie-96-qui-est-quoi.html

4 commentaires:

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
savoisien a dit…

Les adventistes étaient antitrinitaire avant 1931 tout les pionniers fondateurs ont été antitrinitaires et on publier des articles anti-trinitaires dans les journaux adventistes voir l'ouvrage http://etoiledumatin.org/livres/temoins.pdf et http://etoiledumatin.org/livres/fondement.pdf

عبدالسلام a dit…

J'ai publié un article au sujet de la trinité ici:
http://vers-le-firdaws.blogspot.com/

Voici le début:
Parmi les principes inchangeables qui persistent depuis toujours dans ce monde, il y a l'absence totale d'argument digne de ce nom en faveur des gens qui vouent un culte a un autre qu'Allah Seigneur de l'univers. Cela est d'autant plus remarquable quand nous ne rappelons qu'Allah est Celui qui fait exister et subsister toute chose. Dans la sourate 112 qui vaut le tiers
du Coran, Allah (le Très-Haut) dit à son Messager Mohammed (selon le sens rapproché):
Dis : «Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que
nous désirons. Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. Et nul n'est égal à Lui.

Fabien Girard a dit…

Cher عبدالسلام,

Merci pour ta contribution.

Cependant mon blog n'a pas pour but de jeter l'anathème sur les croyants confessant la Trinité.

Par ailleurs il convient de noter que le rapport au rationnel est l'une des composantes du différent qui oppose musulmans et chrétiens.

Un peu moins en ce qui concerne les chrétiens libéraux car la raison domine leur jugement.

Cependant pour le reste des chrétiens, et spécialement pour les chrétiens qui se positionnent dans le post-modernisme, la religion n'a rien de rationnel.

Donc l'argument selon lequel la Trinité ne tient pas parce qu'elle est contraire à la raison est un peu mince.

Je suis un non trinitaire.

J'ai ma propre vision de la divinité du Christ, en tout cas ce n'est pas celle de Nicée que l'on retrouve dans le symbole dit d'Athanase.

Je ferai prochainement un article sur le Logos du prologue de Jean car je pense que la tradition a abusée de la phrase "la Parole devint chair et résida parmi nous" en transférant de façon arbitraire le mot "logos" à la seule personne de Jésus.